Erreur
  • JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 40
A+ A A-

LE BAL DES CHAROGNARDS.

Plus de deux semaines après la décision de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), le retrait des fréquences à la Chaîne du Futur (LCF) ainsi qu’à City FM continue de   susciter la polémique. Si la mesure a fait l’unanimité contre elle en ce qu’elle réduit au silence des organes importants du paysage médiatique togolais et condamne au chômage plusieurs dizaines d’employés, sa dénonciation connaît beaucoup de mesures, au fur et à mesure de l’appropriation de l’essentiel des éléments du dossier. Aujourd’hui, la  question qui suscite encore véritablement débat est de savoir si la HAAC était compétente pour ordonner le retrait des fréquences. Elle est posée par les responsables du groupe  SUD MEDIA et leurs avocats à la chambre administrative de la Cour Suprême.

 

Car sur le fond, tout le monde aura compris qu’au lancement des deux chaînes jusqu’alors, elles ne disposaient pas d’autorisation d’installation ni d’exploitation telle que l’exigent les textes en vigueur. En termes clairs, elles émettaient en toute illégalité et étaient des organes de fait à défaut d’être ceux de droit, profitant de la position privilégiée qu’était celle de leur présumé promoteur.

 

De fait, pour beaucoup dont nous en sommes, la meilleure démarche, au-delà de la question de compétence posée à la plus haute juridiction du pays,  pour sauver cet espace d’expression  et l’emploi,  est celle de la facilitation et des plaidoyers. Ils n’offrent sans doute aucune garantie de succès si ce n’est la conviction d’avoir œuvré, en toute responsabilité et avec les armes que mettaient à disposition  le contexte et la réalité  des faits.

 

Malheureusement, ce dossier et sa dimension politico-médiatique offrent  encore une fois l’occasion à des « professionnels de l’indignation et de la condamnation » de s’offrir de la publicité à moindres frais.  Ainsi qu’aux donneurs de leçons de tous acabits de s’en donner sans mesure à leur sport  favori, jetant allègrement de l’huile sur le feu et compliquant les discussions de couloir, sans  s’interroger à aucun moment sur les retombées de leur inconséquence ; et surtout pas sur l’efficacité de leurs envolées verbales.

 

Dans ce contexte, tous sont sommés d’adhérer sans réserves aux diktats, à l’analyse et aux choix de groupuscules et de grandes gueules, dont la seule vertu est de crier plus fort que les autres et d’invectiver à longueur d’interventions le Président de la République. Au risque de  voir remettre en cause par la prétendue vox populi, la sincérité de l’engagement pour la réouverture des deux chaînes et celle de la compassion envers les confrères désormais sans emploi.

 

Ils considèrent qu’en dehors d’eux et de leur lecture faite à partir de lorgnettes déformées  par le vrai moteur qui les anime, qui est tout sauf celui d’un engagement désintéressé en faveur de deux médias fermés, il n’y a point de salut. Des médias sont mobilisés, des émissions organisées pour dire à l’opinion tout ce qu’elle doit penser de ces « pelés, ces galeux » d’où vient tout le mal de la presse togolaise et ô sacrilège, qui n’osent pas s’aligner sur la pensée vertueuse de ces chevaliers blancs. En dehors des naïfs, tout le monde a compris que le but de toute cette agitation, digne de charognards, est ailleurs.

 

Y compris les salariés qui ne veulent pas que leur malheur soit instrumentalisé de quelque manière que ce soit. En tout état de cause, ceux qui prospèrent en situation de crise et l’alimentent pour exister, en tous points de vue, n’ont aucun intérêt à une issue heureuse de cette situation. Leur ostentatoire agitation  n’en sonne que davantage fausse.