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Enrayer le cercle vicieux des décès évitables !

Deux professeurs agrégés  de médecine, l’un en  histologie,  embryologie,  génétique et  santé de la reproduction, le seul  encore en activité au Togo, et l’autre en  pédiatrie, sont décédés en l’espace de quelques jours, dans des conditions inacceptables.

Selon plusieurs sources concordantes et d’après des avis autorisés, leur décès aurait pu être évité. A condition pour le premier d’avoir  pu accéder  à un transport médicalisé, depuis son domicile où il a  été victime d’un malaise jusqu’au CHU Sylvanus OLYMPIO où il a été admis en urgence. Et pour le second, d’avoir  bénéficié d’une réanimation médicale avec un matériel de monitoring pour surveiller ses fonctions vitales et d’ampoules d’adrénaline pour soutenir sa fonction cardiaque. Autant dire que l’existence d’équipements hospitaliers basiques auxquels les citoyens peuvent légitimement aspirer, aurait pu sauver nos médecins.

Ce tragique évènement en a révolté plus d’uns ; et à raison. Et fondé la sortie pamphlétaire d’un professionnel, publiant sans doute sous le couvert d’un pseudonyme.  Dans sa lettre, il s’en prend au ministre de la Santé. Incarnant le secteur de la Santé et vu l’émotion suscitée par ces douloureuses disparitions, on peut comprendre qu’il  soit désigné presque comme le responsable de la situation. Cependant, sauf à vouloir absolument désigner un bouc émissaire, le Pr MIJIYAWA ne saurait, en tout cas seul, être comptable de l’état désastreux de nos centres de santé et de tout le tissu médical. Fût-il à la tête de ce département depuis 2 ans.

 

C’est davantage le résultat de plusieurs années de démission, d’indifférence et de choix prioritaires douteux des pouvoirs publics au détriment d’un  système de santé de base organisé et doté de moyens, qui est à l’origine de ce sombre  tableau,  de cette situation  révoltante et  plus qu’alarmante, parce qu’ayant dépassé depuis fort longtemps le seuil de l’acceptable. Et il faut avoir mis les pieds dans un des lieux, illégitimement appelés hôpital ou centre de soins, pour comprendre la désolation et le calvaire  quotidiens des patients et de leurs proches.

En effet, et comme décrit dans le pamphlet, « les hôpitaux sont toujours aussi mal équipés, les malades toujours autant démunis devant l’annonce de leur maladie et de tout ce qu’il leur faut débourser avant de se faire soigner, il n’y a pas de transport médicalisé digne de ce nom, les laboratoires sont obsolètes, les appareils de radiologie en panne, les services des urgences démunis, les réanimations n’existent que de nom ». A ceci, il faut nécessairement ajouter l’absence de conscience professionnelle, qui a depuis belle lurette déserté le cœur de certains praticiens.

A l’heure des grands travaux et des investissements sur des chantiers prioritaires de développement, notre pays ne peut plus faire l’économie de la construction de grands centres hospitaliers dignes de ce nom, et véritablement équipés. Les solutions provisoires, les replâtrages ne font que déplacer inutilement le problème de fond. Et pendant ce temps, des familles continuent à être endeuillées. Quasi gratuitement !

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