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LA COMMISSION DES REFORMES PLEINEMENT DANS SON RÔLE

La Commission de réflexion sur les réformes politiques, constitutionnelles et institutionnelles, après avoir rencontré les acteurs politiques, étatiques et/ou non étatiques et les leaders d’opinion, de même  que les membres des comités préfectoraux de paix et les représentants de la chefferie traditionnelle, a entamé depuis plusieurs jours, une tournée nationale.  Consultative, celle-ci  vise à « recueillir les avis et suggestions des populations dans les différentes localités  pour nourrir la réflexion et proposer des réformes qui tiennent compte de notre histoire,  reflètent nos  réalités et répondent aux aspirations du peuple togolais », selon la présidente de la Commission, Mme Awa NANA  DABOYA.

 

Depuis qu’elle est à la rencontre du Togo profond et des territoires, la Commission  suscite davantage qu’avant,  polémiques, railleries et défiances. On la critique maladroitement et parfois avec mauvaise foi pour des pouvoirs qu’elle n’a jamais revendiqués et dont  elle n’est guère investie. On se moque d’elle pour des faits qui, paradoxalement, fondent la substance même de sa démarche actuelle. 

 

Est-il important de le rappeler, la création de cette Commission en janvier dernier  est en conformité avec les recommandations de la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR) qui font aujourd’hui autorité en termes de balise de la vie sociopolitique de notre pays, et dont se prévaut l’ensemble des acteurs, après les avoir pour certains, clouées au pilori.

C’est indéniablement un procès en sorcellerie qui lui est fait en accréditant l’idée que des intellectuels allaient imposer leurs  aspirations au peuple souverain. Car, la Commission n’est pas et ne sera jamais une constituante. Ses propositions feront la navette constitutionnellement prévue pour adopter ou réformer la loi fondamentale.

 

De fait et comme le dit en substance sa dénomination, elle est  à la fois le cadre et le réceptacle d’un large débat ouvert non seulement aux acteurs politiques mais aussi  à toutes les autres composantes et forces vives du pays et sans doute surtout, à l’ensemble des citoyens. Ces consultations inclusives légitimeront les propositions de la Commission. Ainsi, l’audience qu’elle rencontre dans les différentes localités, et plus encore, la variété des sujets et la liberté avec laquelle s’expriment nos compatriotes au cours des échanges, sont davantage l’expression de la réussite de la démarche plutôt que le contraire.

 

C’est à tort que certains s’évertuent à faire passer l’idée que les séances de catharsis relevées par endroits, les prises de position tranchées sur quelques sujets ou encore les points de vue fortement exprimés, sont la démonstration du rejet de la démarche. Alors même qu’elles sont une bonne nouvelle, parce que validant l’initiative. Tant et si vrai qu’après l’avoir vilipendée, le principal parti d’opposition a fini par inviter ses militants à aller s’y exprimer.  On a connu plus farouche opposition à un projet gouvernemental.