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Hip Hop : Dove’nd, artiste de la chanson

« Le Rap, surtout parce que c’est une musique qui revendique et qui interpelle. Je suis tombé dedans comme Obélix dans la potion magique. »

Dove’nd : « Dove’ND The Venom » est le genre d’artiste qui ne pourrait réduire la musique en général, et le Hip Hop en particulier, à une simple locution d’art. Reconnu pour son flow « rugissant », pour lui être artiste, c’est toute une culture, le choix d’un mode de vie. Né DJEMI Nyawa Christian à Yaoundé, Dove’nD se décrit lui-même comme un Africain d’origine Camerounaise. Son parcours artistique débute une dizaine d’années plus tôt dans sa ville natale. Ses premières armes dans la musique, il les fait avec ses compères du « Roots Divine Squad », Da Boss Cappuccino et Godys Da Lionna. Ils n’auront besoin que de deux singles (New School, et We rock you) pour rapidement se faire une place sur une scène Hip Hop Camerounaise à peine éclose. Fortement inspiré par le Rap US, le jeune Dove’nD ne tardera pas à faire remarquer sa dextérité lyricale. Il fait découvrir au public son concept du « MICwendo ». Comparant le micro à la discipline et la rigueur du Taekwondo, il réunit styles, techniques et manières pour proposer une nouvelle façon d’aborder la musique. « Yes yes Yor, Check it check it Yor » et « the way you feel it, the way you do it » deviendront ses credos. 

Focus Infos : Pourquoi le Rap ?

Dove'nd: Plus jeune, j’étais plutôt R’n’B, D-Funk et Soul music. Il faut dire que c’est comme cela que suis rentré dans la musique, au lycée avec les récitals, c’était les Boys II Men, Coolio, Black Street Boys et du Smurf (Michael Jackson). Je découvre le Rap avec les artistes comme le Wu Tang Clan, Nas, A-Z, Killah Priest, Jay-Z que me faisait écouter mon cousin Georges. Les paroles, la musicalité, le punch et l’énergie dégagées de ces chansons m’interpellaient directement. Alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer. C’est ainsi que j’écris mes premiers textes, mon premier freestyle. Voilà c’est parti. Le Rap, surtout parce que c’est une musique qui revendique et qui interpelle. Je suis tombé dedans comme Obélix dans la potion magique. 

F .I : Quelles sont les scènes qui t’ont connu? 

D : Il faut dire que depuis que je suis au Togo, j’ai fait pas mal de scènes, des mûres et des pas mûres. Je citerai en passant le Ghetto Festival (2010) avec DJ AWADI, AFRICA RYTHMES (2012) avec XUMAN GUNMAN, DEKONU RAP (2012), les ARCTIVISM avec ELOM 20ce pour ne citer que ceux-là. Mais il faut aussi dire que j’ai été invité sur plusieurs concerts à Lomé et à l’intérieur du pays (Kpalimé, Tsévié, Aneho, Dapaong) 

F .I : Etant un étranger au Togo quels sont tes rapports avec les autres artistes ? Comment s’est passé l’adaptation ? 

D : (Soupirs) Mes rapports avec les artistes togolais c’est Peace and Love, Hate and War. Je suis Peace and Love avec qui le veut et en mode Hate and War avec qui le souhaite. Je ne vous apprends rien mais vous savez tous qu’il y a trop d’hypocrisie dans ce game. Comme je le dis dans “Où sont mes gars ?, « I see niggaz in the dark side. Tell me why you lookin at me with your juda eye ». Néanmoins, je fais des efforts pour être en bon rapport avec tout le monde mais comme le dit Kerry James « On ne peut pas plaire à tout le monde, sauf en étant hypocrite ». 

Etant un étranger (même si je ne me considère pas comme tel), j’essaye de m’adapter. Ce n’est pas facile et comme je l’ai dit je fais de mon mieux. Elayi (ça ira). Je mange bien du Djinkoumey et du Akoumey avec tout ce qui va avec, donc ça va. (Rires) 

F .I : Dove’nd est connu et apprécié dans le milieu HH togolais depuis mais le public t’a connu avec le morceau «Où sont mes gars?» tout récemment, pourquoi avoir attendu si longtemps ? 

D : J’ai fait quelques sons bien avant mais sur lesquels la promo n’a pas vraiment suivi et aussi il était difficile qu’on accepte me jouer sur certains médias. C’est juste qu’avec le single « Où sont mes gars ? », j’ai établi une approche différente, j’ai misé surtout sur une bonne promo, parce qu’il faut le dire, c’est la promo qui fait connaitre le produit. C’est la communication ! Et je pense que moi et mon équipe, on a retenu la leçon et voilà quoi. 

Je profite pour dire un Merci à tous ces médias qui ont bien voulu me suivre et m’accompagner. 

F .I : Quel est le message véhiculé dans “Où sont mes gars ’’ ? Est-ce un appel ou une revendication ? 

D : Je dirais les deux. Un appel à tous les acteurs du mouvement Hip Hop togolais, parce qu’on remarque que le Rap et le Hip Hop sont de moins en moins présent sur les scènes du fait que beaucoup d’artistes rappeurs se sont vus travestis leur musique avec la complicité de certains promoteurs culturels pour embrasser les tendances variétés, histoire de se faire inviter sur des scènes. Une revendication pour la réhabilitation du Hip Hop à sa place qui lui revient de droit. 

Il va s’en dire que c’est ce mouvement qui est à l’ origine de la vrai explosion de la musique togolaise. La plupart des stars qui font la fierté du Togo aujourd’hui sont passées par là, ce n’est pas les Toofan qui me diront le contraire. 

F .I : Ton regard sur le HH togolais 

D : Je pense que ça va, du moins ça commence par mieux aller. Il y a du talent et du potentiel à revendre. Je crois en cette nouvelle jeunesse qui veut s’en sortir malgré le manque de producteur et de vrai promoteur, malgré le manque de moyens nécessaire qui doit être mis à disposition pour développer la culture. Comme on le dit « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ».