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LA RAISON A QUITTE LE TOGO

Ainsi donc, malgré le projet de loi portant révision constitutionnelle de plusieurs dispositions, dont les emblématiques limitation de mandat et élection à deux tours, la tension politique n’est pas retombée. Bien au contraire, elle ne cesse de se renforcer, alimentée surtout par les réseaux sociaux et des révolutionnaires 2.0, bien au chaud dans leurs appartements en Occident. Les raisons de cette situation sont multiples. Il est clair que si le pouvoir avait pris cette initiative quelques mois plus tôt, l’accueil aurait été moins frais et la face de la vie publique togolaise en aurait été changée. C’est une succession de rendez-vous manqués et d’opportunités non saisies par le pouvoir qui ont créé les conditions d’une atmosphère aujourd’hui très conflictuelle. Les réformes, tous les observateurs sérieux le savaient et le proclamaient, étaient inéluctables et plus tôt elles étaient mises en œuvre, davantage elles constitueraient la garantie d’un jeu politique apaisé. Mais les calculs politiciens ont pris le pas sur une analyse lucide de la situation. Il n’empêche qu’aujourd’hui, les conditions d’une évolution sont réunies, portées par les manifestations de la mi-août et des mobilisations du début septembre. C’est donc une occasion unique de réunir ce consensus qu’impose l’Accord Politique Global, mais surtout les constituants qui obligent à réunir les 4/5 au Parlement pour effectuer les réformes, si c’est cette voie qui est retenue. Malheureusement, c’est ce moment que choisit l’opposition pour faire entendre sa petite musique populiste et de surenchère. On ne se bat plus pour limiter le mandat présidentiel ou demander l’élection à 2 tours : on exige le retour à la Constitution de 1992 ou plus maximaliste, la démission du Chef de l’Etat. Il faut rappeler que malgré toutes ces mobilisations, à ce jour aucune modification n’est encore intervenue pour exiger davantage. Et qu’au surplus, à défaut de consensus et parce que la majorité actuelle n’a pas le nombre de députés suffisants pour effectuer la réforme, c’est la Constitution modifiée en 2002 ouvrant justement droit à une présidence illimitée, qui restera applicable. La raison aurait voulu que les opposants obtiennent satisfaction de ces deux revendications majeures qui ont cristallisé les tensions dans notre pays depuis des années, avant d’exiger davantage. Mais la passion semble dominer le débat aujourd’hui, y compris chez ceux qui traditionnellement, sont plutôt modérés et adoptent des positions élaborées. C’est que dans la psychose insurrectionnelle subtilement imprimée dans l’opinion, les acteurs politiques veulent, chacun en ce qui le concerne, être bien placés au cas où. Ils courent tous derrière le radicalisme de Tikpi ATCHADAM pour ne pas paraître modérés, ce qui par les temps qui courent, serait presque vu comme une trahison. De fait, la raison semble avoir déserté tous les rangs, sauf quelques personnalités isolées et marginalisées qui, de toutes façons, ne prendraient pas le risque de se faire lyncher, au propre comme au figuré, en faisant entendre un autre son de cloche. Le seul problème est que tout cela reste aléatoire. Un essoufflement de la mobilisation, du fait que les objectifs annoncés (démission de Faure GNASSINGBE) tarderaient à se réaliser, affaiblirait l’opposition. Dans ce contexte, une majorité sortie victorieuse de ce bras de fer, même temporairement, serait moins encline à faire davantage de concessions. Le tout ou rien en politique est un pari risqué, presque irresponsable.

CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME : LE TOGO PARTAGE SON EXPERIENCE DU DEVELOPPEMENT A LA BASE.

En marge des travaux de la 36è session du Conseil des droits de l’homme qui se déroule du 11 au 29 septembre à Genève (SUISSE), le Togo partagera avec la communauté internationale ses acquis en matière de développement inclusif. Ce sera au cours d’un évènement parallèle prévu en fin de matinée de ce 14 septembre, au Palais des Nations.

 

En septembre 2015, lors de l’adoption des objectifs de développement durable (ODD) , les pays membres des Nations Unies ont désigné le Togo comme l’un des deux pays pilotes pour l’expérimentation de la nouvelle approche en matière de planification du développement durable. De fait, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le pays a entrepris plusieurs activités en vue de l’intégration, de manière globale et coordonnée, des ODD dans sa stratégie et politique de développement en mettant un accent particulier sur les populations à la base, c’est-à-dire les couches les plus vulnérables. Ceci à travers le Programme national de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat pour la période 2015-2019, ayant pour vocation de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et des inégalités. Son approche, fondée sur les concepts de développement à la base et d’inclusion, vise à contribuer significativement à l’atteinte des ODD et ne laisser personne derrière. C’est elle qui sera mise au débat ce 14 septembre en marge du Conseil des Droits de l’Homme. 

HAUT NIVEAU.

Pour le gouvernement togolais, l’objectif de cette initiative est de partager avec la communauté internationale l’approche du Togo pour un développement inclusif et durable à travers le concept du développement à la base. Il s’agit de mettre en lumière les mécanismes établis par le pays avec le soutien du PNUD dans sa mise en œuvre des ODD tout en montrant que le concept de développement à la base traduit en action sur le terrain de l’ODD de base de « ne laisser personne derrière », tout en renforçant les droits humains. Les officiels togolais devront également illustrer la contribution de leur approche à la mise en œuvre des droits humains, y compris le droit au développement pour tous. Et mettre en  évidence les défis ou les obstacles relevés par le panel afin d’établir un dialogue constructif  avec les partenaires. 

Le panel qui animera l’évènement est composé entre autres de Mme Victoire DOGBE, ministre du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mme Nakpa POLO, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, ou encore de Mme Khardiata Lo NDIAYE, représentante résidente du PNUD au Togo etc. Mme Rosemary McCARNEY, ambassadeur et représentant permanent de la Mission permanente du Canada auprès de l’ONUG et des autres organisations internationales à Genève assurera la modération. 

 

 

LE PNP DEVRA CHANGER D’ITINERAIRE

Les manifestations  auxquelles a appelé le Parti National Panafricain (PNP)  s’annoncent sous  de mauvais auspices.  Lors d’une conférence de presse tenue conjointement en fin de matinée, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile Yark DAMEHAME ainsi que son homologue de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales Payadowa BOUKPESSI ,  ont exigé une modification de l’itinéraire envisagé pour la marche à Lomé, au risque sinon de la voir interdite.  Refus du PNP

 

Pour le gouvernement, l’itinéraire choisi par le PNP à Lomé, Echangeur Agoè ( sous-pont)-Stade Agoè-GTA, et s’inscrivant dans le cadre de ses manifestations synchronisées dans 5 villes du pays ainsi qu’à l’étranger ont pour objectif de paralyser le pays, notamment la N°1. «  Il n’est pas recevable qu’un parti politique puisse organiser une marche dans plusieurs villes pour bloquer le pays » a justifie le Colonel Yark DAMEHAME. De fait, il propose un autre itinéraire pour le cortège des militants et sympathisants, comme l’y autorise les dispositions de l’article 12 de la  loi sur les manifestations, soutient l’ancien directeur général de la gendarmerie. Qui met en garde : «  la loi s’imposera. S’ils ne modifient pas leur plan , la manifestation n’aura pas lieu. On les dispersera au point de rassemblement. Ce n’est pas à l’autorité de reculer mais à eux » indique-t-il. Et d’ajouter, presque sur un ton martial : «  s’ils veulent faire de la politique, qu’ils le disent. Si c’est autre chose, ils nous auront en face. Il est hors de question de laisser s’installer ce risque dans notre pays. Nous savons ce qu’ils ont derrière la tête. Et si les éléments essuient des coups de feu, ils riposteront »

MANIFESTATION MAINTENUE :

Quelques heures après la sortie des ministres, le leader du PNP dit maintenir la manifestation. Il conteste aux ministres la prérogative de modifier l’itinéraire d’une manifestation. «  Le ministre se fonde sur l’article 13 de la loi sur les manifestations publiques alors que cet article ne parle nullement de modification d’itinéraire. La loi ne donne pas prérogative à l’autorité d’imposer d’autorité des itinéraires aux organisateurs d’une manifestions. Le motif avancé par le ministre est l’occupation de la N1, alors que nous ne l’avons pas choisi comme point de chute. Il n’y aura  pas d’occupation ; nous ne  ferons  que passer. Donc la marche est maintenue » déclare-t-il.  

QUE DISENT LES TEXTES :

C’est le 13 mai 2011 que l’Assemblée nationale  a adopté la loi fixant les conditions d'exercice de la liberté de la réunion et de manifestation pacifique, appelée Loi Bodjona. Aux termes des dispositions de l’article 12 de ladite loi sur lesquelles se fonde le gouvernement, « l’autorité compétente qui reçoit la déclaration ( de manifestation ndlr), peut faire connaître ses observations et ses recommandations en ce qui concerne le lieu, l’itinéraire, la sécurité et les secours d’urgence raisonnables , dans un délai de 72 heures, avant la date prévue pour la réunion ou la manifestation.

L’article poursuit : «  l’autorité administrative compétente peut vérifier le respect des prescriptions visées à l’article 12 avant la tenue de la réunion ou de la manifestation. Pour vérifier le respect de ces prescriptions qu’elle a formulées pour la tenue de la réunion ou de la manifestation, l’autorité administrative compétente peut se déplacer sur le ou les lieux concernés, en présence des organisateurs.

A l’issue de ces constations, l’autorité administrative compétente  peut, par décision motivée, soit différée la manifestation, soit l’interdire, s’il y a des risques sérieux de troubles à l’ordre public.

 

UNIR renonce à marcher le 19 aout.

Annoncée pour faire le contrepoids à la manifestation synchronisée dans plusieurs villes au Togo et à l’étranger du Parti National Panafricain (PNP) le 19 août prochain, la marche de l’Union pour la République (UNIR) vient d’être reportée sine die. La décision a été  prise à l’issue d’une réunion tenue cet après-midi au siège du parti sis à Lomégan. « Ce n’est pas une annulation, mais un simple report » a confié un participant à la rencontre. Même si elles ne sont pas encore officielles, des raisons sécuritaires semblent avoir motivé ce choix ; beaucoup craignant un risque d’affrontement avec les militants et sympathisants du PNP.

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