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En cas d’urgence, pas la peine d’appeler une ambulance médicalisée publique

Le décès tragique de deux professeurs agrégés de médecine avait fait grand bruit et suscité beaucoup d’émoi dans l’opinion. Leurs confrères avaient assuré que leur prise en charge diligente dans une ambulance médicalisée aurait pu leur sauver la vie. FOCUS INFOS s’est intéressé à la situation dans les hôpitaux publics : en cas d’urgence médicale chez soi, peut-on faire venir une ambulance ?

 

Premier hôpital de référence au Togo, le Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) dispose en principe de quatre ambulances. Deux offertes par la coopération allemande, par l’intermédiaire de la GIZ . Elles sont équipées pour faire face aux urgences. Une troisième partiellement médicalisée avec une mini réanimation composée du scope, du brancard, de la trousse de secourisme et de l’oxygénation est au pavillon militaire sis au sein du même CHU. La quatrième ambulance dénudée de tout dispositif peut toutefois transporter un malade sur brancard et éventuellement sous perfusion.

 

Bien qu’il existe un standard téléphonique, ce n’est pas la peine d’appeler une ambulance en cas d’urgence : ce service ne fonctionne plus depuis plusieurs  annnées. Pour la direction, cette situation s’explique par le manque de personnel et le nombre réduit d’ambulances. En effet, ils sont  cinq chauffeurs pour conduire les deux ambulances. Parmi eux, un seul a un brevet de secouriste. Leur intervention est limitée à des cas de transfert d’un service à un autre, du CHU vers des cliniques privées pour des analyses, notamment. Préparez tout de même 10.000 FCFA pour le transfert dans une ambulance non équipée à bord de laquelle vous n’avez pas droit à un professionnel, mis à part le chauffeur. Pour un patient qui nécessite une perfusion ou de l’oxygène, comptez 5 à 10.000 FCFA de plus au minimum. Ici, un infirmier ou un anesthésiste peut accompagner le patient.

 

Le CHU-Campus, deuxième hôpital de référence était au départ un centre de santé de spécialité en appui au CHU-SO. Il s’est finalement réadapté pour offrir tous les services médicaux. Dans ce centre cinq ambulances sont opérationnelles toutes équipées d’une mini réanimation. L’une est en position au niveau  des urgences portes   et les deux autres se relaient sur le parking.

 

Le  dispositif en place est celui-ci. Un chauffeur est à bord d’une ambulance en position de départ au niveau des urgences portes. Un second chauffeur est positionné pour relayer le partant. Un troisième ambulancier est considéré comme réserviste. Le service est joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à partir de plusieurs numéros téléphoniques et du standard. Et c’est le premier responsable du personnel soignant que ce soit de jour ou de nuit qui juge la situation et choisit une équipe pour monter à bord de l’ambulance. Cela coûte 5 000 FCFA et  l’oxygénation 500 francs l’heure. Pour un aller-retour du campus au CHU-SO, le transfert est gratuit. Au CHU-Campus, on fait le transfert ou l’évacuation d’un malade interne ou externe vers principalement le CHU-SO. Pas  de transfert depuis les domiciles donc.

 

A l’hôpital de Bè, la seule ambulance de couleur rouge offerte par une organisation non gouvernementale en 2016 non équipée présente des caractéristiques pour accueillir tout dispositif médical. Elle est garée à l’entrée. Elle sert à   évacuer  vers les CHU pour un tarif variant entre  5 000 FCFA et  10 000 FCFA  vers les cliniques privées. Pour un cas externe, la tarification se négocie en fonction de la distance du domicile vers le centre de soins. L’oxygénation normalement se fait à 1 000 FCFA négociable. Le transfert des malades vers l’hôpital Saint Jean d’Afagnan coûte 50 000 FCFA. L’ambulance étant disponible à tout moment, les trois ambulanciers montent la garde.

Au Centre hospitalier régional (CHR)

Lomé-commune, la seule ambulance est non équipée. Elle est  conduite par   5 chauffeurs formés en secourisme. Leur service est offert uniquement aux malades internes et se négocie à  5 000 FCFA le transfert vers souvent le CHU sans ou avec oxygénation.

 

Au CHR de Tsévié, la seule ambulance disponible fait souvent le voyage sur Lomé. A  23 000 FCFA avec oxygénation et sans ce dispositif à 20 000 FCFA. Le tarif est de  3 000 FCFA de la ville de Tsévié vers le CHR.

 

Les  sapeurs-pompiers de Lomé  disposent  de six  ambulances dont cinq opérationnelles  chaque jour et une  médicalisée non opérationnelle , faute de spécialistes  devant  être à bord. Pour les cinq on y trouve le matériel de premier secours, le râtèle, le collier cervical, le brancard, le matelas coquille ou d’immobilisation, la trousse de secours. Le service est totalement gratuit  à travers le traditionnel numéro vert, le 118. Avec trois pompiers à bord, ils font au moins 1 à 2 transferts de malades de leur domicile ou centre de santé vers un autre et vice versa gratuitement. Ce service n’est pas souvent demandé car méconnu des populations qui croient qu’il ne secourt  que des accidentés. Selon  le Lieutenant KOZON , l’équipe de secours fait à peine 2 minutes pour monter et démarrer et  intervenir partout au Togo.

 

PARCOURS A RISQUES :         

 

En plus de ne pas être équipés  d’ambulances médicalisées, les hôpitaux publics n’ont pas à leur disposition de médecins urgentistes. Le seul formé fut selon nos informations, un infirmier militaire aujourd’hui à la retraite. De fait, les services d’urgence sont gérés par des médecins qui ont fait quelques mois de formation d’urgentiste à l’étranger. Avec ceux-ci, il faut compter les 4 médecins réanimateurs.

 

Pour les malades et leurs familles, c’est  donc un véritable parcours de combattant et à risques. Ils doivent par ailleurs composer avec les retards systématiques des ambulanciers.  L’absence  d’adressage fiable par exemple vient aussi compliquer la tâche des pompiers.

 

L’ATTRIBUT MEDICALISE

 

En principe,  la logistique d’une ambulance médicalisée se compose du dispositif mobile d’oxygénothérapie homologue comprenant au moins deux bouteilles d’oxygène, d’un mètre cube chacune, portables, dont l’une, au moins aisément accessible, est munie d’un débitmètre gradué en litres d’oxygène par minute, faisant corps avec un mano détenteur. D’un scope qui est un écran qui permet de suivre en permanence les constantes comme le rythme cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang, la tension artérielle ou encore la température. D’un insufflateur manuel homologue, un dispositif mobile d’aspiration de mucosité, d’une fixation permettant de recevoir une perfusion de 0,5 litres.

 

Le véhicule est doté aussi de bandes élastiques type valpeau, de compresses de gaze stérile, de pansement stérile absorbant (dit américain) de rouleaux de ruban adhésif parapharmaceutique, de drap stérile (tissu ou non tisse, ou drap isotherme) de taille environ, de champ stérile, de paires de gants stériles usage unique, de solution antiseptique bactéricide non iodé, en conditionnement d’origine, de clamp de BARR stérile usage unique, de couverture isotherme, des attelles pour membres inférieurs et supérieurs, de colliers cervicaux anti flexion : petite, moyenne et grande taille. Des médicaments d’urgence comme sérums salé ou glucosé, un extincteur, le défibrillateur et des accessoires comme une paire de ciseaux universels «bouts mousses», une pince à écharde, des canules oropharyngées et de bouche à bouche, un rasoir de sûreté, une lampe électrique à pile, le sucre en morceaux, des sacs poubelles. Une pareille ambulance est conduite par un chauffeur qui doit avoir comme formation minimum  le secourisme, un médecin urgentiste, un infirmier.  Autant dire qu’on en est encore très loin au vu du dispositif offert par les différents centres de santé publics de notre pays. Les conditions du transport  médical ne sont  pas  meilleures  dans les cliniques privées à la tarification onéreuse.

 

SECOURS PRIVE

Pour tenter de pallier  toutes  ces insuffisances, des initiatives privées se mettent en place. C’est le cas depuis décembre 2012 de  l’entreprise Togo Assistance. Elle  intervient très rapidement aux demandes sur le numéro vert 8200 ou par SOS System Mobile, l’application mobile sur Android. Cette nouvelle application conçue par de jeunes Togolais qui permet aux personnes victimes ou témoins d’un sinistre de donner l’alerte et de recevoir une assistance rapide grâce à la géolocalisation. Elle fait de l’évacuation des victimes, des transports  sanitaires et des transports assis professionnalisés.

 

Il y a  11 ambulances dont une par ville comme Aného, Cinkassé, Kara et Dapaong toutes équipées d’oxygène, d’appareils médicaux, de consommables pharmaceutiques et du matériel de secours nécessaires afin de parer à toutes les situations. L’équipage en ambulance est toujours composée  de 3 ambulanciers dont au moins un infirmier d’Etat ou auxiliaire et un médecin consultatif ou un anesthésiste.

 

Ces services sont offerts à partir de 5 000 FCFA par an à travers trois produits avec la possibilité de la prise en charge des premiers soins au centre de santé. Néanmoins, Togo Assistance intervient gratuitement pour tout appel d’urgence. En avril dernier, 37 non abonnés ont été secourus contre aucun abonné et en mai 3 souscripteurs contre 29.

CENI TECHNIQUE OU POLITIQUE : Que font nos voisins ?

Le gouvernement envisage de mettre en place d’ici au 3è trimestre de l’année, une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) technique, qui se substituerait à celle politique,  ayant  prévalu depuis 2 décennies. Cette initiative, accueillie plutôt fraîchement par la majorité de la classe politique devrait s’inscrire dans le cadre général de la relecture du Code électoral dans la perspective des prochaines élections. Son rejet, quand bien même elle ne serait pas l’apanage du système électoral togolais si elle est adoptée,  s’explique par le manque de confiance entre les acteurs  qui a toujours caractérisé le jeu politique togolais.

 

C’est fin juin que le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales,  a entamé une série de rencontres avec une dizaine de   partis politiques,  en vue de la relecture du code électoral dans le cadre de la préparation des prochaines élections. Pour Payadowa BOUKPESSI, il s’agit  de respecter d’une part le délai de 18 mois prévu par la feuille de route du gouvernement pour l’organisation des élections locales, et d’autre part, l’échéance constitutionnelle des élections législatives, de noter  les contradictions et les imprécisions inhérentes au code électoral en vigueur.

 

Mais également de relever  les interrogations récurrentes sur l’indépendance réelle de la CENI du Togo et la question de l’influence des partis politiques sur une CENI constituée de membres de partis politiques. L’ancien député indique que  la CENI en l’état  ne prend pas en compte des partis politiques extra-parlementaires comme le Nouvel Engagement Togolais (NET)   et l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire ( OBUTS)  et des partis parlementaires comme Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral ( ADDI) , qui pourtant, participent aussi aux élections. Et de déplorer que les travaux de la CENI  se terminent toujours en queue de poisson, malgré leur caractère sérieux et pénible, harassant et assommant.

 

De fait, pour le gouvernement, une composition purement  technique contribuerait à moins politiser le travail de la commission et éviterait les tensions connues jusqu’alors. Argument qui ne convainc pas beaucoup de monde dans la classe politique. Ainsi, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC)  n’hésite pas à qualifier l’initiative d’un  nouveau coup de force en perspective et dénonce d’ores et déjà une CENI taillée sur mesure. Au cours d’une conférence de presse, le parti de Jean-Pierre FABRE a indiqué qu’une commission électorale procède nécessairement d’un consensus politique.

 

A ce titre, elle est nécessairement politique. En outre, les missions dont la commission électorale est investie, à savoir la préparation, l’organisation et la supervision des élections, sont aussi éminemment politiques, même si ces missions comportent, dans leur formulation et dans leur mise en œuvre, des exigences techniques. Pour l’OBUTS, l’idée est inopportune dans un contexte de méfiance entre les acteurs. «  Comment garantir l’indépendance et l’impartialité des commissaires techniques » s’interroge le parti d’Agbéyomé KODJO, qui propose : « Que le gouvernement et l’opposition acceptent de confier le recrutement de certains membres de la CENI à un cabinet indépendant: il s’agit du poste de président, du vice président, des 2 rapporteurs et des commissions techniques tels quels qui se chargeront du fichier électoral, de l’informatique, de la compilation des résultats et de la communication. Le cabinet doit s’assurer que les membres qui vont postuler à ces postes ne sont inféodés a aucun parti politique. Le parti au pouvoir enverra 2 membres, les partis de l’opposition parlementaire disposeront aussi de 2 membres, toute l’opposition extraparlementaire aussi 2 membres. Les membres des partis politiques n’auront que des voix consultatives dans cette CENI. » insiste Gérard ADJA premier vice-président du parti.

 

Pour le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), la CENI  technique n’existe pas.   «  Ce que le ministre appelle CENI technique au Ghana, ce sont des hommes qui sont désignés et proposés par un certain nombre de partis politiques  et qui siègent de façon permanente. A partir du moment où ils  sont nommés, ils deviennent indépendants » assure Jean KISSI, le secrétaire général du parti.

Quant à l’Union des Forces de Changement ( UFC) et au NET, ils soutiennent l’idée de la CENI technique, ; Gerry TAAMA  suggérant qu’il soit accompagné  cependant d’un  comité composé  des représentants des candidats,  qui participeraient à ses travaux.

 

 SCHEMA APOLITIQUE :

 

L’adoption d’une CENI technique sanctionnerait le choix d’un schéma apolitique pour l’organisation des élections. Il viendrait par opposition au schéma politique dans lequel, la représentativité des partis politiques, soit individuellement, soit groupés en mouvance présidentielle et opposition, est promue.  Dans ce cas, l’on accorde généralement un pourcentage de sièges  au pouvoir ou à la mouvance présidentielle, un autre ou le même  à l’opposition et le reste   à la société civile ;  les formations politiques détenant cependant la majorité absolue de la commission.

Le problème consiste à trouver des critères de sélection appropriés: le critère le plus souvent retenu est celui de la représentation des partis au sein des institutions de l’État, ce qui réduit l’influence de la société civile, et accentue par conséquent la politisation de la commission. Ce modèle, basé sur la partisannerie, dont on tente de camoufler le risque de partialité par une représentation équilibrée des forces politiques en présence, est celui qui est le plus utilisé dans les pays francophones africains.

De fait, la CENI technique  écarte quant à elle toute influence politique tant sur le plan collectif qu’individuel. Aucune formation politique à titre individuel ou relevant soit du pouvoir soit de l’opposition, aucune institution de l’État n’est représentée au sein de la commission qui est essentiellement une émanation de la société civile. Ce modèle exclut tout élément politique, qui se traduit, non par la seule exclusion des partis politiques dans le choix des membres de la commission, mais par l’exigence même d’une non-affiliation partisane, au plan strictement personnel, des membres qui seront désignés.

Ainsi donc, par commission technique, il faut entendre une commission dont :

• les membres sont désignés d’abord pour leurs compétences techniques, par opposition aux commissions dont les membres sont d’abord des représentants de partis politiques,

• les membres sont choisis avec le souci qu’ils soient indépendants des acteurs politiques en ayant une protection juridique raisonnable (sorte d’inamovibilité par exemple) ; une durée du mandat relativement longue (par opposition aux commissions ad hoc par exemple) ; une mise à disposition des ressources nécessaires pour travailler convenablement dans le respect de la norme.   

 

MAJORITAIEREMENT POLITIQUE DANS L’UEMOA.

 

Dans l’espace Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA), à quelques nuances et exceptions près, les CENI sont dans un schéma politique. Pour rappel, au Togo, la CENI est composée de (17)  membres dont  5 désignés par la majorité parlementaire, 5  par l’opposition parlementaire, 3   par les partis politiques extraparlementaires élus par l’Assemblée nationale, 3 de la société civile élus par l’Assemblée nationale et 1  désigné par l’administration. Il est le seul pays de la CEDEAO dans lequel les membres sont désignés par le parlement.

 

BENIN

La Commission Électorale Nationale Autonome(CENA) est composée de cinq(5) personnalités reconnues pour leur compétence, leur probité, leur impartialité, leur moralité et leur sens patriotique. Elles sont choisies par l’Assemblée nationale. Les membres de la CENA sont désignées à raison de :

1. deux(2) par la majorité parlementaire

2. deux(2) par la minorité parlementaire

3. une (1) personnalité dont le choix est acceptée aussi par la majorité que par la minorité.

Pour le choix de cette personnalité, l’opposition propose trois différentes personnalités. La majorité propose à son tour une liste de 5 personnalités. La commission des lois saisie propose aussi 3 noms à laquelle la plénière devra faire son choix définitif. 

Les membres de la CENA sont nommés par décret pris en conseil des ministres pour  un mandat d’une durée de sept (7) ans non renouvelable.

 

BURKINA- FASO

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a pour missions :

- la constitution, la gestion et la conservation du fichier électoral national ;

- l’organisation et la supervision des opérations électorales et référendaires.

La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est composée de quinze membres : cinq personnalités désignées par les partis et formations politiques de la mouvance présidentielle, cinq personnalités désignées par les partis et formations politiques de l’opposition et cinq représentants des organisations de la société civile.Les membres de la CENI sont désignés par leurs structures. Ils doivent être de bonne moralité et jouir de leurs droits civiques. Les 5 membres proposés par les organisations de la société civile (OSC) se répartissent de la manière suivante : 3 pour les communautés religieuses, 1 pour les autorités coutumières et 1 pour les associations de défense des droits de l’homme et des libertés. Il est important de préciser que le président de la CENI Burkina-Faso est élu par les membres de la commission parmi les représentants de la société civile.

 

CÔTE D’IVOIRE

La CENI  chargée d’organiser et de superviser les élections en Côte d’Ivoire, comprend 17 membres. Aux côtés des quatre représentants de l’administration, des quatre de la société civile, des quatre des partis politiques au pouvoir et des quatre de l’opposition, il y aura un représentant du chef de l’Etat,

 

MALI

La loi électorale prévoit trois autorités compétentes: la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), la Délégation Générale aux Élections (DGE) et le Ministère chargé de l’Administration Territoriale. Les acteurs politiques entrent également en jeu dans la désignation des membres de la CENI, puisque la majorité et l’opposition sont admises à faire des propositions à cet égard. La société civile y compte également des membres.

La Commission Électorale Nationale Indépendante est compétente en matière de supervision et de suivi des opérations électorales, référendaires, présidentielles, législatives et communales. Sur le plan national, elle est composée de quinze membres « choisis ou élus par l’institution ou l’organisation qui les désigne ». La délégation générale aux élections «porte assistance à la CENI à la demande de celle-ci»; elle est chargée «de l’élaboration et de la gestion du ficher électoral; de la confection et de l’impression des cartes d’électeur; du financement public des partis politiques».

Le ministère chargé de l’Administration territoriale assure la préparation technique et matérielle de l’ensemble des opérations référendaires et électorales; l’organisation matérielle du référendum et des élections; l’élaboration des procédures et actes relatifs aux opérations électorales et référendaires; la centralisation et la proclamation des résultats provisoires des référendums et des élections présidentielles et législatives; l’acheminement des procès-verbaux des consultations référendaires, législatives et présidentielles à la Cour constitutionnelle; la centralisation et la conservation des procès-verbaux des consultations électorales communales.

 

NIGER

La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est composée de 48 membres dont les représentants de l’administration, de la société civile, des forces de défense et de sécurité, du Haut Conseil des Nigériens à l’extérieur et des partis politiques.

Elle est chargée de l’organisation des scrutins électoraux (référendum constitutionnel, élections locales, présidentielles et législatives). Son président est désigné par le Président de la République, après consultation des partis politiques.

La CENI nigérienne, a une particularité de ne pas avoir un nombre fixe de membres étant donné que ce nombre dépend du nombre de partis politiques légalement reconnus. Sa composition s’emploie à y inclure toutes les autorités plus ou moins impliquées dans le processus électoral.

 

SENEGAL

La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) est une structure permanente, dotée d’une personnalité juridique et de l’autonomie financière. Elle contrôle et supervise l’ensemble des opérations électorales et référendaires. La CENA, créée en mai 2005, fait respecter la loi électorale de manière à assurer la régularité, la transparence, la sincérité des scrutins en garantissant aux électeurs, ainsi qu’aux candidats en présence, le libre exercice de leurs droits. Le Sénégal a, à l’évidence, fait le choix d’une CENA « non politisée ». La CENA du Sénégal comprend douze membres nommés par décret. Ils sont choisis parmi les personnalités indépendantes exclusivement de nationalité sénégalaise connues pour leur intégrité morale, leur honnêteté intellectuelle, leur neutralité et leur impartialité. Les membres de la CENA prêtent le serment suivant devant le Conseil Constitutionnel : « Je jure d’accomplir ma mission avec impartialité, de ne me laisser influencer ni par l’intérêt personnel présent ou futur, ni par une pression d’aucune sorte. Dans mon appréciation, je n’aurai pour guide que la loi, la justice et l’équité. Je m’engage à l’obligation de réserve et au secret des délibérations, même après la cessation de mes activités ».

 

Hors UEMOA, au Ghana par exemple,  la Commission électorale est prévue par l’article 43 de la Constitution. Elle  est composée de sept (7) membres: un président, deux vice-présidents et 4 autres membres qui, tous, sont issus de la société civile et nommés par le Président sur avis du Conseil d’Etat. Les trois présidents ont la même responsabilité à l’égard du Bureau de la Commission et ont les mêmes conditions de travail que les juges des cours supérieures ghanéennes. Au Ghana, les membres de la commission électorale sont nommés à vie. Ils gèrent la totalité du processus électoral et même le financement des partis politiques. Ceci leur confère une indépendance et une autonomie d’action.

Au Nigéria,  La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est le principal agent de la démocratie. C’ est un organe permanent créé en vertu de la Constitution pour organiser des élections fédérales et étatiques au Nigeria. La CENI du Nigeria est constituée de 13 membres, tous issus de la société civile.

 

CRISE DE CONFIANCE :

 

Qu’elle soit politique ou technique, toutes les institutions chargées de l’organisation et de la supervision des élections dans notre pays souffriront d’un handicap majeur : la crise de confiance entre les acteurs. Le mélodrame vécu presque en direct par l’opinion lors de la présidentielle de 2015 lorsque le vice-président de la CENI a été quasiment évacué manu militari du siège de l’institution après sa tentative de s’opposer à la proclamation par son président des résultats provisoires, est resté dans toutes les mémoires. Tout comme les séances de la commission, entrecoupées d’invectives et au cours desquelles, les commissaires en venaient presqu’à la main.

Il est donc pertinent de mener la réflexion sur une réforme, voire une refonte de cet organe. Son remplacement par une commission apolitique pose le problème de la neutralité des futurs commissaires, en raison justement du climat de méfiance ambiant.

Comment être sûr que les membres d’une telle CENI technique ne sont pas inféodés à un parti politique, dans un pays où l’opinion croit dur comme  fer que tout le monde est partisan et qu’il n’existe pas de personnalités neutres ? Ou, comment s’assurer que les commissaires ne succomberont pas à la tentation de corruption et de manipulation ? 

Aussi, aussi longtemps que durera cette défiance au sein de la classe politique, aucune solution ne fera consensus. Seuls des gages donnés réciproquement rassureront les uns et les autres du crédit à donner aux processus électoraux ouverts.

HEIDELBERG CEMENT a inauguré une cimenterie estimée à 7,5 milliards de FCFA à Awandjélo

140 milliards de FCFA ! C’est le montant global des investissements réalisés par le groupe HeidelbergCement au Togo, faisant de lui l’un des plus importants industriels. L’inauguration le 15 juillet dernier de son usine de ciment installée à Awandjelo (environ 8 kms au sud-est de Kara) par le président de la République Faure GNASSINGBE vient confirmer le fort engagement de l’Allemand dans notre pays.

 

C’est en janvier 2015 que la première pierre de la cimenterie d’Awandjélo a été posée. Deux ans et demi de travaux auront  été nécessaires  pour construire cette unité de production dont le coût est estimé à 15 millions de dollars, soit environ 7,5 milliards de FCFA,  le plus important investissement privé allemand au Togo depuis plus d’une décennie.

Faure GNASSINGBE qui a présidé la cérémonie d’inauguration entouré pour la circonstance de plusieurs membres du gouvernement, des diplomates accrédités dans notre pays, des autorités administratives locales ainsi que de dirigeants du secteur privé, a salué sur son compte twitter «  l’excellente coopération entre le Togo et l’Allemagne, qui se matérialise une fois de plus par cette usine de production ».

 

De fait, l’usine d’Awandjélo avec sa capacité de 250.000 tonnes, va porter la production nationale de ciment à 2,5 millions de tonnes annuels. Pour alimenter l’usine, il est prévu  l’exploitation des  gisements de calcaire de Namon ( Dakpen) et d’Atchangbadè (Kozah) .

Pour le ministre de l’Industrie et du Tourisme Attigbé IHOU, l’usine d’Awandjélo vient à point nommé lutter contre la pénurie  et apporter une solution aux difficultés d’approvisionnement du ciment des populations à   certaines périodes de l’année, avec à terme l’ambition de satisfaire aussi bien le marché national que sous-régional.  Selon Endre RYGH, directeur général de CIMTOGO, filiale de HeidelbergCement, la construction de cette 4è unité au Togo rapproche davantage l’activité industrielle des populations et crée une dynamique économique vertueuse dans cette partie du pays.

A terme, ce sont  500 emplois directs et indirects qui sont attendus dans la région de la Kara en proie à un chômage de masse. 

 

OPERATEUR IMPORTANT ….

 

L’unité d’Awandjélo renforce la position de HeidelbergCement  qui, depuis près d’un demi-siècle, s’impose comme un opérateur de poids et incontournable dans le secteur cimentier au Togo, avec d’importants investissements et plusieurs emplois directs et indirects générés. Parmi eux, une usine de clinker à Sika-condji (90 km de Lomé), inaugurée en mars 2015 ou encore le centre de formation sur la sécurité et la santé environnementale appliquées sur ses sites en Afrique de l’ouest et situé dans la même localité etc.

 

……ET HISTORIQUE

 

CIMTOGO (Ciments du Togo) a été fondée en 1969 par le gouvernement  togolais et  une  entreprise  privée  LAMBERT FRERES & CIE.  L’entreprise   avait  été créée  dans  le  cadre  d’un  projet  régional dénommé  « Ciments de l’Afrique de L’Ouest » (CIMAO).

En 1996, la société est  rachetée  par l’  entreprise norvégienne  SCANCEM. Plus  tard  HEIDELBERG CEMENT deviendra  le propriétaire  de  SCANCEM et ainsi de CIMTOGO SA. Le groupe HeildelbergCement  est un acteur historique dans la production du ciment dans la sous-région ouest-africaine et est présent dans près d’une quarantaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Le groupe est N° 1 dans le monde pour les concassés et dans les quatre (4) plus grands producteurs mondiaux de ciment. Outre CIMTOGO  qui est une unité de production de ciment,  HeidelbergCement possède au Togo une unité de production de granulat GRANUTOGO et depuis peu , une grande unité de nouvelle génération pour la production de clinker nommée SCANTOGO (à Tabligbo),   qui est entrée en production au dernier trimestre de 2014 et  inaugurée en mars 2015.

CIMTOGO a connu entre 2000 et  2002, un plan de modernisation pour un investissement d’une dizaine de milliards de FCFA visant à augmenter la capacité de l’usine et à mettre au standard européen le niveau de protection de l’environnement.

 

L’usine produit 750.000 tonnes de ciment par an et emploie 346 salariés directs. Plus de 1000 emplois indirects sont soutenus à travers une centaine d’entreprises sous-traitantes et les prestataires importants comme le Port Autonome de Lomé et certaines grandes sociétés de transport de la place.

 

Pour la production, CIMTOGO dispose d’équipements à la pointe de la technologie. La rigueur des procédures à tous les stades de la production et le savoir-faire des hommes permettent de garantir la conformité des produits aux normes européennes.

Le conditionnement des produits est  fait en  sacs de 50 kg ; en vrac et en big bags. Le transport est assuré par des camions citernes d’une capacité de 50 tonnes. Pour approvisionner le grand nord,  l’usine disposait jusqu’alors  de deux  dépôts, l’un à Kara et l’autre à Dapaong.

La société  s’appuie sur 87 distributeurs agréés pour la commercialisation de ses produits  dont près de la moitié est exportée vers des pays de la sous-région ouest-africaine comme le Burkina-Faso, le Mali et le Niger et parfois vers d’autres pays plus éloignés.

 

Le personnel de CIMTOGO exerce  dans un cadre  respectueux de l’environnement  et garantissant la sécurité et la santé des travailleurs. De fait,   la société  a reçu la certification ISO 4001/2014 et British Standard OHSAS 18001/2007 depuis février 2013. Ces deux normes  sont les références internationales dans les domaines de l’environnement, de la santé et de la sécurité au travail.

UNIR : Tensions au sein du parti présidentiel à 1 an des élections législatives.

A un an des élections législatives, l’Union pour la République (UNIR) voit la guerre des clans dont elle était en proie, connaître un nouveau développement. En effet, certains cadres et militants sont vent debout contre le cap que prend le parti, après qu’une réunion réunissant les points focaux ait été organisée, sans que le bureau provisoire n’en ait été officiellement informé.

 

Ils avaient l’habitude d’avaler des couleuvres. Mais celle-ci a du mal à passer. La semaine dernière, 2 à 3 membres des points focaux de chaque préfecture ont été invités à Lomé pour une réunion dont l’objet était relatif à l’organisation  d’un futur congrès mais également à la situation sur le terrain,  à 12 mois de scrutins importants. Rien que du classique pour une formation politique. Sauf qu’en l’espèce,  la quasi-totalité des membres du bureau provisoire d’UNIR ont été écartés de la rencontre.

 

Ils n’en ont pas  été  informés, encore moins invités. Au surplus, ceux qui se sont installés autour du Président de la République et président du bureau provisoire, n’ont aucune fonction ni poste au sein de la formation majoritaire.  De quoi donc déclencher une vive polémique et raviver les vieilles tensions entre les « historiques » et les « réformateurs », même si à UNIR, les linges sales ne se lavent pas en public, pas plus  d’ailleurs en famille.

 

CLANS  :

 

Depuis la création du parti  en avril 2012, il est dirigé par un bureau provisoire. Le congrès maintes fois annoncé, à force d’être reporté sine die  est devenu une arlésienne. De fait, les instances installées fonctionnent à tous les échelons au mieux au ralenti. «  C’est un navire fantôme » s’amuse un cadre qui pointe du doigt l’absence d’un leadership, d’un cap, d’actions et de moyens pour le bureau. Il relève les difficultés de celui-ci, qui a toutes les peines du monde à mettre en œuvre quelques projets ; les initiatives ne manquant pourtant pas. Elles seraient toutes et systématiquement bloquées du fait de la guerre que se livrent différents clans pour le contrôle effectif de l’appareil du parti, dussent-ils pour cela en paralyser le fonctionnement. Il y aurait d’un côté les « historiques ».

Trivialement appelés les caciques, ils ont été pour l’essentiel avec feu Gnassingbé Eyadéma et restent attachés, voire nostalgiques du RPT.

Très solidaires, ils ont gardé leur influence malgré quelques passages à vide et contrôlent, soit directement soit indirectement, des  postes clés dans l’appareil d’état. Forts de leur expérience et de leur engagement séculaire envers le régime  dont on ne peut remettre en cause la sincérité, ils revendiquent clairement et sans détours, le leadership dans la structuration et le fonctionnement du pouvoir, même dans le renouvellement des idées.

 

De l’autre, il y aurait les « réformateurs ». Ce sont d’une part d’anciens barons plutôt favorables à une évolution politique et à un renouvellement des cadres dirigeants du pouvoir( y compris si cela signifierait pour eux  l’absence d’accès à des places d’honneur).  Et d’autre part des jeunes issus du RPT ou venus d’autres horizons sociopolitiques, engagés aux côtés de Faure GNASSINGBR parce que convaincus de sa capacité à faire évoluer qualitativement le pays. Les « réformateurs » sont cependant divisés en 2 camps : l’un soutenant le bureau actuel, l’autre militant pour sa disparition.

La guerre d’usure que se livrent ces 3 clans est à l’origine donc de la paralysie des activités du parti et de l’enterrement de toute initiative.

 

DEMOBILISATION :

 

La réunion de la semaine dernière sonne comme une victoire des « historiques » sur les « réformateurs », les deux tendances confondues. Pour certains, cela n’est pas nécessairement une bonne nouvelle parce qu’elle signifierait le retour en force de l’ancienne garde, avec ses idées, approches, mœurs et méthodes. Autant dire que frustrations se le disputeraient dans ce contexte à la démobilisation.

 

Selon une source généralement bien informée, le 1er vice-président paierait les soupçons qui le voient derrière la cabale contre le major KOLOUM après sa décoration. Tandis que la mise à l’écart du  2è vice-président s’expliquerait par la montée de Tikpi ATCHADAM qu’il n’a pas  pu circonscrire dans sa zone.

Quoiqu’il en soit et notre source en est convaincue, la guerre des tranchées vient d’atteindre un nouveau palier. La paix ne serait pas pour demain, analyse-t-elle. Prédisant davantage de frustrations, étant entendu que la mise à l’écart de membres du bureau a été lue comme du mépris.

Si les « historiques » ont aujourd’hui la main,  elle a tout de même prédit un renversement du rapport de forces au profit des « réformateurs » à cette condition encore improbable, que ses deux tendances se coalisent.

 

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