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CEDEAO : L’adhésion du Maroc est-elle une opportunité ou une menace pour la communauté ?

Réunis au cours  de la 51ème session ordinaire le 04 juin dernier à Monrovia (Libéria) , les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont donné leur accord de principe pour l’adhésion du Maroc « en raison des liens forts et multidimensionnels de coopération avec l’Afrique de l’Ouest.» Après la phase d’examen des implications d’une telle adhésion conformément aux dispositions du Traité révisé de l’organisation, la décision finale devrait être prise à Lomé en décembre. Quel impact aurait l’arrivée du royaume chérifien pour la communauté ? Est-ce une opportunité ou une menace ? Analyse !

 

Si l’accord de principe pour son adhésion est entériné dans six (6) mois à Lomé, le Maroc deviendrait, avec ses 33 millions d’habitants, le second pays le plus peuplé de la CEDEAO,   après le Nigéria. Il sera également la seule monarchie constitutionnelle de la communauté, suscitant de la part de certains analystes beaucoup  de  scepticisme, évoquant des questions politiques, religieuses, sécuritaires, sociétales et  institutionnelles. De fait, la première interrogation porte sur la continuité géographique. 

En effet, si le Maroc se situe sur le territoire africain, il ne fait pas pour autant frontière avec l’espace géographique de la CEDEAO. Bien plus, il appartient à cet ensemble qui va des rivages de l’atlantique à la vallée de l’Indus et aux confins de l’Himalaya. Cet immense espace, à la fois africain et asiatique n’a pas reçu dans la tradition géographique une dénomination commune. Pour les géographes français, il s’agit du Maghreb  qui désigne les pays d’Afrique du Nord placés autrefois sous l’autorité de la France et du proche ou moyen orient en fonction de la vision stratégique. Pour les géographes américains le terme Middle East désigne tout le vaste ensemble territorial s’étendant du Maroc au Pakistan inclus.  Cette situation rappelle une des réserves formulées par l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, à l’adhésion de la Turquie dans l’union Européenne.

Ce dernier rappelait aux dirigeants  turcs que malgré la  validité de leur dossier d’adhésion, leur pays se situe en Asie mineure et non en Europe.  C’est cette considération géographique qu’avait par exemple soulevée le président de la Commission de la CEDEAO, le Béninois Marcel de SOUZA, pour émettre en mars dernier, des réserves sur l’adhésion du royaume chérifien.

 

MONARCHIE :

A la différence de l’ensemble des Etats composant  à ce jour la CEDEAO qui sont des républiques avec des présidents élus au suffrage universel, le Maroc est  une monarchie constitutionnelle avec pour chef  d’Etat  un  roi considéré comme  descendant du prophète Mahomet, et un Premier ministre chef du gouvernement, issu d’élections en principe pluralistes.

Si cette différence institutionnelle peut être relativisée en citant l’exemple de l’Union européenne dans laquelle, des royaumes comme l’Espagne,   la Suède ou le Danemark  cohabitent avec des républiques à l’instar de  la France ou encore de l’Allemagne, la tendance observée au Maroc après le printemps arabe peut tout de même interpeller, notamment l’ancrage et la montée de l’islam politique ; ce que l’on n’observe pas dans les monarchies de l’union européenne.

  En effet, en pleine période de révolutions arabes et confrontée à des manifestations pour davantage  de démocratie, la monarchie chérifienne  avait  été contrainte d’opérer une réforme constitutionnelle et d’accepter une alternance contrôlée. Ainsi, après plusieurs années passées dans l’opposition,  la formation islamiste le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a remporté les législatives de 2011,   permettant ainsi au premier ministre Abdelliah BENKIRANE  de prendre la tête du gouvernement.  Plusieurs  observateurs avaient alors  pronostiqué que l’usure du pouvoir aurait raison de cette force politique islamiste. Cependant, force est de constater qu’elle est encore sortie grand vainqueur des élections locales de 2015 et qu’en 2016, même mitigés, ses résultats restent d’un niveau intéressant. De fait, l’islam politique semble être avoir la préférence de la majorité des Marocains. Cette tendance est difficilement compatible avec le sacro-saint principe de laïcité adopté par la plupart des Etats de la CEDEAO, en dépit de la parenthèse de la Gambie avec le fantasque ex-président Yayah JAMMEH, et malgré la forte communauté musulmane dans les  pays comme  le Sénégal, le Mali, le Niger ou encore le Nigéria.

Les récentes manifestations de Al-Hoeicima pour le développement de la région du Rif,  soutenues  par plusieurs mouvements islamistes qui ont défilé avec les hommes d’un côté et les femmes de l’autre confortent cette tendance.

 

DJIHADISME :

Au plan sécuritaire, même si le Maroc s’affiche déjà comme un partenaire privilégié de l’Europe dans la lutte contre le terrorisme, des craintes subsistent. Le pays  n’est pas épargné par le phénomène des combattants étrangers partis faire le djihad et en est l’un des principaux pourvoyeurs. Ainsi, selon l’organisation policière internationale Interpol, entre 2 000 et 2500 djihadistes sont marocains ou d’origine marocaine. La CEDEAO qui est déjà confrontée au fondamentaliste islamiste à la frontière nord du Mali avec Hakmi ou au Nigéria avec l’avènement de Boko Haram, a des raisons légitimes de    craindre le retour de ces combattants marocains étrangers ayant désormais un droit de libre circulation dans son espace en cas d’adhésion.

 

MODERNITE ET CONSERVATISME :

Sur le plan sociétal, les contradictions de la société marocaine tiraillée entre modernité et conservatisme  ont été soulignées par plusieurs affaires. La loi sur les interdictions des interruptions volontaires de grossesses au Maroc, qui punit de plusieurs mois de prison le fait d’avorter n’a été que difficilement réformée après des débats houleux. La nouvelle disposition ne prévoit un assouplissement qu’à minima en cas de viol, d’inceste ou de malformations du fœtus. Le film Much loved , du réalisateur Marocain Nabil Ayouch , traitant de la prostitution au Maroc a fait l’objet d’attaques haineuses lors de sa sortie et a finalement été interdit dans le royaume. D’ailleurs l’une des actrices agressée à Casablanca décidera de quitter le pays pour la France.

 

LIBRE CIRCULATION :

La question de l’application par le Maroc après son adhésion, de la libre circulation des personnes se pose. Beaucoup s’interrogent sur le fait que le Maroc laisserait-il vraiment les  citoyens des 15 autres Etats circuler librement et d’aller et venir dans le royaume.  Dans le cadre de l’appartenance du Maroc à notre espace communautaire, sera-t-il possible aux Marocains et aux autres citoyens ouest africains de cohabiter sans choc de civilisations et de cultures ? Les ressortissants de la CEDEAO n’ont certainement pas oublié que ce royaume   avait  annulé l’organisation sur son sol en 2015 de la coupe d’Afrique des nations par peur d’une propagation de la fièvre à  virus Ebola qui sévissait alors dans plusieurs pays de la communauté (Sierra Leone, Liberia, Guinée).

 

MENACES ECONOMIQUES :

Avec un PIB de plus de 104,000 milliards de Dollars US , le Maroc deviendrait la deuxième puissance économique de la CEDEAO après le géant nigérian qu’il devance  toutefois en termes de PIB par habitant  avec 3,077 Dollars US contre 2,758 Dollars US pour la première économie  de la zone CEDEAO. Le royaume est le deuxième investisseur sur le continent africain après l’Afrique du sud. Il est par ailleurs le  3ème dans notre région après la Chine et l’Inde, largement devant un pays comme la France.  Contrairement à ses voisins du Maghreb que sont la Libye et l’Algérie,  l’économie marocaine est davantage  diversifiée et ne repose pas sur les ressources pétrolières. Le Maroc a dévoilé début 2014 une stratégie industrielle ambitieuse pour la période 2014-2020, avec pour objectif d’attirer les grands groupes étrangers. Il a déjà réussi à entraîner  le Canadien Bombardier dans le secteur de l’aéronautique et le Français Renault dans l’automobile.

Dans un pays où  le  taux de chômage est de l’ordre de 9,6%,  le Maroc souhaite en outre créer des emplois en mettant en avant des coûts salariaux faibles. Il a aussi émis le vœu  de   se doter d’un fonds de 1,8 milliards de dollars pour les entreprises arrivantes à cet effet.  Dans un tel contexte, il y a lieu de s’interroger sur ses réelles intentions qui sont en premier lieu, la recherche de débouchés pour son industrie. De fait, l’inondation du marché intérieur de la CEDEAO par des produits marocains aura nécessairement des conséquences sur les efforts d’industrialisation des autres états membres de la communauté.

 

Le Maroc qui dispose déjà de groupes solides dans le secteur de la banque (Attijariwafa, Banque Centrale populaire du Maroc  qui détient la Banque Atlantique),  des assurances (Saham assurance), du textile, des télécommunications (Atlantique telecom),  de l’agroalimentaire et  du transport Aérien (Royal Air Maroc) ne dominerait-il pas trop la CEDEAO en rendant impossible les différents efforts de développement d’écosystèmes d’entreprises ou de zones franches industrielles ? Cette adhésion ne rendrait elle pas juste la tâche plus difficile à certains fleurons de l’économie ouest africaine comme par exemple le groupe Ecobank ? Le Maroc ne se positionne-t-il pas plutôt comme une Plateforme d’accès au marché de la CEDEAO avec à la clé tout le bénéfice pour ce premier en terme d’opportunités d’industrialisation et d’attractivité des investissements directs étrangers au détriment des autres économies de la région ?

De toutes les façons, c’est ce que pense cet opérateur économique qui redoute l’arrivée du Maroc dans l’espace et demande qu’une réflexion davantage mûrie soit menée. « Prenons l’exemple du  tarif extérieur de la CEDEAO (TEC)  qui exonère tout ce qui est produit dans l’espace CEDEAO des droits des douanes.

Ce dont bénéficiera le Maroc à son adhésion.  Cela peut impacter négativement  nos économies qui sont en majeure partie dépendantes des recettes douanières. Quand vous prenez   par exemple PEUGEOT qui a délocalisé son industrie au Maroc.  Cela veut dire que quand  celle-ci  va produire ses voitures, elle  pourra  les exporter sur le Togo, le Nigéria, la Côte d’Ivoire sans payer de droits de douane. Cet exemple peut être multiplié avec d’autres secteurs. C’est dire donc qu’il existe une vraie menace pour nos économies » argumente-t-il. Il proposerait un statut de pays associé plutôt qu’une pleine adhésion

 

CONVERGENCE MACRO ECONOMIQUE :

Par ailleurs, la commission de la CEDEAO est déjà engagée dans un processus de convergence macroéconomiques des différentes économies de la région afin d’assurer une harmonisation des politiques économiques et une coopération monétaire avec pour objectif ambitieux d’arriver à terme à une monnaie commune de la zone CEDEAO. L’adhésion du Maroc avec une économie divergente a bien des égards ne signifierait il pas une reprise de ce processus depuis  le début ? Il est vrai que le Maroc connait depuis quelques années une croissance de 4,5% (à l’ exception de 2016 ou la faible pluviométrie à affecté le secteur agricole et entrainé une chute de la croissance du PIB à 1,8%) en adéquation avec ceux des pays de la Zone CEDEAO qui  vont de moins de 2% pour les pays en difficulté comme le Nigéria a 7% pour la Côte d’Ivoire . Mais le Maroc poursuit sur l’instigation du FMI une politique de consolidation des équilibres macroéconomiques et a juste récemment en 2015, réussi à réduire son déficit budgétaire pour le situer à 4,3% du PIB  en réduisant les subventions massives accordées aux produits de première nécessité (les hydrocarbures et certains produits alimentaires de base). Ce qui confirme la difficulté d’une harmonisation de sa politique économique avec celle des pays de la zone CEDEAO pour les faire converger.

En outre, l’adhésion du Maroc remettrait en cause ou retarderait le projet de monnaie commune ; étant inenvisageable que le royaume abandonne son dirham de sitôt.

 

MULTIPLES OPPORTUNITES :

 

Toutes ces réserves légitimes, ne doivent pas cependant masquer les opportunités que la CEDEAO peut tirer de l’arrivée du Maroc dans la communauté. Sur le plan économique,  elles relèvent de   plusieurs ordres. La vogue des méga accords commerciaux, à l’instar du partenariat transatlantique entre les Etats unis et l’Union Européenne ne se dément pas. Les objectifs affichés par ces accords sont de supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires aux  échanges commerciaux et aux investissements. L’adhésion du Maroc permettrait donc d’élargir le champ du traité révisé de la CEDEAO de 1993 et d’offrir un plus grand marché intérieur à l’ensemble des entreprises de la nouvelle CEDEAO avec 33 millions de consommateurs en plus.

Elle permet en second lieu de drainer vers les autres pays les investissements marocains plus librement ;  le Maroc s’étant déjà illustré comme un investisseur majeur ( le 3ème dans la zone après la Chine et l’Inde)  au travers de ses sociétés dans la banque et dans les assurances comme Attijariwafa et Saham. L’Afrique de l’Ouest a intérêt à cette adhésion  puisqu’au sud et  à l’est du continent,  se développe le projet de libre échange continentale ZLEC afin de stimuler les investissements et les échanges intra régionaux. 

 L’un des problèmes de l’Afrique étant  la faible interconnexion des économies avec un commerce intra africain marginal comparé à ses échanges avec le reste du monde. L’ambitieux projet ZLEC qui regroupe le marché des pays membres de la COMESA, de la CAE et de la SADC sera la plus grande zone de libre-échange de l’histoire de l’Afrique représentant 58% de la production du continent, 48% de ses pays et 57% de sa population.

La CEDEAO a donc grand intérêt à s’élargir pour constituer un marché plus vaste avec une masse critique pouvant justifier les grands projets industriels et d’investissements. Cela permettra d’harmoniser les  accords commerciaux en vigueur, de faciliter les échanges de marchandises entre les pays et le long des couloirs de transport, d’améliorer les relations entre pays membres avec le déploiement d’infrastructures transfrontalières reliant la CEDEAO au Maghreb et autoriser la libre circulation des hommes et femmes d’affaires.

 

Même si le Maroc est confronté à des questions d’inclusion en matière de répartition des fruits de sa croissance économique, il dispose d’une classe moyenne et connait aussi une bonne croissance démographique qui offre des opportunités de débouché pour les produits de la CEDEAO.

De même, son industrie plus que naissante (aéronautique, automobile, agroalimentaire, textile et services financiers) pourrait trouver dans le cadre de la CEDEAO des sources d’approvisionnements auprès de certains Etats membres,  et le développement d’industries complémentaires à ceux existants au Maroc est envisageable. Le Maroc qui s’insère déjà dans les chaînes de valeur mondiale pourrait être pour la CEDEAO une chance pour s’y insérer à son tour.

 

Toujours au plan économique, un autre avantage de l’adhésion du Maroc est qu’il permettra une convergence des revenus. Avec un PIB par habitant supérieur à ceux de tous les autres pays de la CEDEAO, le Maroc pourrait tirer à la hausse le revenu par habitant   des autres Etats membres. Plusieurs économistes notamment l’espagnol Mariam Camarero ont montré que l’intégration régionale lorsqu’elle est renforcée d’une intégration financière qui favorise le partage des risques et la levée progressive des  différents freins, comme l’absence de concurrence ou le niveau élevé des coûts de transactions ( taux d’intérêts bancaires, rémunération des intermédiaires et prestataires etc…) permet de favoriser une convergence des revenus .Les pays et les régions à la croissance moins alerte auraient davantage de chance de se relancer et d’améliorer le niveau de vie des populations . 

Notons aussi que les exportations de l’Afrique vers le reste du monde sont composées à 80% de produits de base et 20% de produits manufacturés.  La tendance n’est toutefois pas la même pour le commerce intra africain qui concerne 60% de produits manufacturés et 40% de produits de base. Ces chiffres suggèrent donc qu’une adhésion du Maroc  à la CEDEAO qui se traduirait par une augmentation du commerce intra africain dans la zone emporterait avec elle une plus grande sollicitation du secteur manufacturier et une augmentation de l’emploi.

 

Selon l’économiste Nadim KHALIFE, plutôt enthousiaste à l’idée de cette adhésion, l’apport du Maroc qui est une grande puissance économique ne peut être que bénéfique à la CEDEAO. Il  apporterait  son savoir-faire,  enrichirait la communauté  de sa richesse matérielle, de ses cadres, de ses investissements face à l’avenir du monde qui sera fait de bloc : autant renforcer le bloc CEDEAO.

 «  Soyons positifs. Qu’est-ce qui est bien pour la CEDEAO aujourd’hui ? Est-ce qu’il faut laisser les Chinois et les Indiens dominer nos économies ou avoir un partenaire de chez nous , un nouveau membre de la CEDEAO qui puisse alimenter le développement de façon endogène au lieu d’être toujours exogène  et  d’être de l’Europe » s’interroge  l’ancien professeur d’université.

Et d’insister : «  Après tout, pourquoi ne pas préférer les grandes entreprises marocaines à celles  chinoises, indiennes…? Les Marocains  sont plus proches de nous, nous parlons la même langue, le français. Nous avons une communauté de langue, une communauté de culture française que n’ont pas les Chinois, ni les Indous.  Le  dialogue entre nous ainsi que l’intégration  seront  donc plus faciles. Cela permettra un peu plus de dynamisme dans les négociations avec l’UE, surtout dans les Accords de Partenariat Economique (APE) que nous négocions actuellement pays par pays. En unissant nos forces avec le Maroc, plus habitué que nous à négocier et davantage indépendant de la France et de l’UE, nous pèserons davantage.

Les investissements européens, au lieu de s’orienter vers les pays émergents d’Asie comme c’est le cas depuis 20 ans, se feront au profit de la CEDEAO dans le cadre des APE. Grâce aux  Marocains, la zone UEMOA s’est beaucoup enrichie  des investissements   dans l’informatique, les NTIC, les banques. Cela nous a permis d’améliorer nos conditions économiques et de l’information, ce qui est très important.  En devenant membre, lesdits  investissements vont s’accroître plus facilement et renforcer  nos économies, créer   des emplois et faciliter  les transferts de technologie.

 

Nos cadres au lieu de fuir à l’étranger, resteront  sur place, créant des familles intellectuelles et  de  cadres,  qui prendront le relais ».

 

MODELE :

 

Sur le plan des libertés locales et de la décentralisation, certains pays de la CEDEAO comme le Ghana sont très  avancés.  D’autres comme le Togo viennent de s’y lancer ou d’y retourner. Le Maroc qui a consenti d’importants efforts pour adapter son cadre réglementaire et institutionnel à sa réforme constitutionnelle de 2011 a  franchi en 2015 une étape importante dans son processus de décentralisation avec la réforme territoriale,  et les élections régionales et communales qui se traduisent par le transfert progressif des compétences de l’Etat vers les collectivités locales. Il pourrait donc être une source d’inspiration.  

Sur un plan environnemental, le Maroc, organisateur de la COP22 a été le deuxième pays africain à s’engager dans la  réduction de ses  gaz à Effet de serre. Il pourrait ainsi servir de modèle et de guide aux autres Etats   de la CEDEAO dans leurs  efforts de respect des normes environnementales tout en essayant de conduire une industrialisation de leur économie.

Sur le plan culturel et de l’éducation, les brassages entre les universités et les grandes écoles permettront un transfert de technologie vers les autres états de la CEDEAO dans les domaines  ou le Maroc a déjà pris de l’avance comme dans l’aéronautique et l’automobile.

Quant à  l’objection sur le fait que le Maroc n’a pas de continuité territoriale avec les autres Etats de la CEDEAO, notons que le Cap-Vert qui est un Etat insulaire n’en a pas non plus, au surplus, le traité révisé de la CEDEAO de 1993, avait comme signataire la Mauritanie qui est frontalière avec le Maroc. Une solution serait alors de faire revenir la Mauritanie dans la CEDEAO dans la même foulée.

Elle suppose que les frères Mauritaniens et Marocains laissent de côté leur différends sur certaines questions notamment celle du Sahara Espagnol (Ex Rio de Oro) même si elle implique des  enjeux miniers avec la découverte d’importants  gisements  de phosphates à  Bou Craa.

Last modified onmercredi, 05 juillet 2017 13:05