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LE PNP DEVRA CHANGER D’ITINERAIRE

Les manifestations  auxquelles a appelé le Parti National Panafricain (PNP)  s’annoncent sous  de mauvais auspices.  Lors d’une conférence de presse tenue conjointement en fin de matinée, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile Yark DAMEHAME ainsi que son homologue de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales Payadowa BOUKPESSI ,  ont exigé une modification de l’itinéraire envisagé pour la marche à Lomé, au risque sinon de la voir interdite.  Refus du PNP

 

Pour le gouvernement, l’itinéraire choisi par le PNP à Lomé, Echangeur Agoè ( sous-pont)-Stade Agoè-GTA, et s’inscrivant dans le cadre de ses manifestations synchronisées dans 5 villes du pays ainsi qu’à l’étranger ont pour objectif de paralyser le pays, notamment la N°1. «  Il n’est pas recevable qu’un parti politique puisse organiser une marche dans plusieurs villes pour bloquer le pays » a justifie le Colonel Yark DAMEHAME. De fait, il propose un autre itinéraire pour le cortège des militants et sympathisants, comme l’y autorise les dispositions de l’article 12 de la  loi sur les manifestations, soutient l’ancien directeur général de la gendarmerie. Qui met en garde : «  la loi s’imposera. S’ils ne modifient pas leur plan , la manifestation n’aura pas lieu. On les dispersera au point de rassemblement. Ce n’est pas à l’autorité de reculer mais à eux » indique-t-il. Et d’ajouter, presque sur un ton martial : «  s’ils veulent faire de la politique, qu’ils le disent. Si c’est autre chose, ils nous auront en face. Il est hors de question de laisser s’installer ce risque dans notre pays. Nous savons ce qu’ils ont derrière la tête. Et si les éléments essuient des coups de feu, ils riposteront »

MANIFESTATION MAINTENUE :

Quelques heures après la sortie des ministres, le leader du PNP dit maintenir la manifestation. Il conteste aux ministres la prérogative de modifier l’itinéraire d’une manifestation. «  Le ministre se fonde sur l’article 13 de la loi sur les manifestations publiques alors que cet article ne parle nullement de modification d’itinéraire. La loi ne donne pas prérogative à l’autorité d’imposer d’autorité des itinéraires aux organisateurs d’une manifestions. Le motif avancé par le ministre est l’occupation de la N1, alors que nous ne l’avons pas choisi comme point de chute. Il n’y aura  pas d’occupation ; nous ne  ferons  que passer. Donc la marche est maintenue » déclare-t-il.  

QUE DISENT LES TEXTES :

C’est le 13 mai 2011 que l’Assemblée nationale  a adopté la loi fixant les conditions d'exercice de la liberté de la réunion et de manifestation pacifique, appelée Loi Bodjona. Aux termes des dispositions de l’article 12 de ladite loi sur lesquelles se fonde le gouvernement, « l’autorité compétente qui reçoit la déclaration ( de manifestation ndlr), peut faire connaître ses observations et ses recommandations en ce qui concerne le lieu, l’itinéraire, la sécurité et les secours d’urgence raisonnables , dans un délai de 72 heures, avant la date prévue pour la réunion ou la manifestation.

L’article poursuit : «  l’autorité administrative compétente peut vérifier le respect des prescriptions visées à l’article 12 avant la tenue de la réunion ou de la manifestation. Pour vérifier le respect de ces prescriptions qu’elle a formulées pour la tenue de la réunion ou de la manifestation, l’autorité administrative compétente peut se déplacer sur le ou les lieux concernés, en présence des organisateurs.

A l’issue de ces constations, l’autorité administrative compétente  peut, par décision motivée, soit différée la manifestation, soit l’interdire, s’il y a des risques sérieux de troubles à l’ordre public.

 

Last modified onmercredi, 13 septembre 2017 12:42