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PORTRAIT :KIZITO AKUE, LE SAMOURAÏ TOGOLAIS.

Featured PORTRAIT :KIZITO AKUE, LE SAMOURAÏ TOGOLAIS.

Son nom ne dit sans doute rien aux Togolais. Pourtant, il est l’un des athlètes les plus performants de notre pays. Ceinture noire 3ème Dan de l’association Karaté Sans Frontière en 2004, ceinture noire 1er Dan en Taekwondo  en 2000 et ceinture noire 4ème Dan en Karaté JKA, Kizito AKUE compétit depuis presque 25 ans dans les rencontres sportives de haut niveau. Plusieurs fois médaillé, ce Togolais qui s’est expatrié au « pays du soleil levant » a conquis le cœur des Japonais. Portrait.

A priori, rien ne prédestinait cet ancien séminariste à la pratique des arts martiaux. Comme son frère et avant eux leur père, il voulait devenir prêtre. Il passera d’ailleurs quelques années au Séminaire St Pie X d’Agoè-Nyivé. Mais c’est vers une autre vocation qu’il se tournera finalement et avec réussite. Adolescent, il s’essayait au karaté, « juste pour le fun et par plaisir » confie-t-il, avant d’y prendre goût et d’envisager une pratique plus professionnelle. Ainsi, il fit ses premières armes au  Karaté Shotokan à Lomé en 1986 au centre d’entraînement appelé ‘Dojo’ sous la houlette de  maître Willy, lui-même élève du maître Lamadokou surnommé ‘‘maître Chinois’’.

Pour sa progression physique et la maîtrise de défense, Kizito a fait de la boxe pendant un an avec les  frères Balogou  (Djafa et Djolé, des anciens champions du Togo). L’apprentissage de ces deux arts fera sa force, sa bonne puissance de frappe et sa  résistance physique.

 A  21 ans, le jeune karatéka participe aux compétitions nationale et africaine. Il sort victorieux d’un combat lors de la première édition de la coupe Samouraï du Togo en 1996. En international, il remporte 3 médailles d’or au championnat de l’Union des Fédérations Africaine de Karaté de la zone 3 en 2002 et en 2005 à Lomé. La 3ème  médaille d’or au championnat du Japon en Kata  Doshinkan. Il a également remporté des médailles de bronze et d’argent respectivement  en 1998 à Ouagadougou et au Bénin en 1999 du tournoi de la zone 3.

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 SAMOURAI

En août 2006, l’ancien séminariste débarque au Japon. Il y pratique plusieurs arts martiaux comme le Shotokan Karate (JKA et WKF), le Taekwondo, le Doshin Ryu Taijutsu Karate Do (Doshinkan Karate). Il a essayé aussi le TaiChi, un art martial de haut chinois et la boxe anglaise, appelée aussi le noble art, un sport de combat dans lequel les combattants ne peuvent utiliser que leurs poings pour toucher la tête ou le buste de l’adversaire munis de gants rembourrés afin de réduire les chocs et coupures.

Compte tenu de son niveau élevé, Kizito demeure élève au quartier général appelé ‘Head quater’ au Japon  et dans le Head quater mondial de la JKA. Le Head quater  gère tous les sites d’entraînement appelés Dojo qui lui sont affiliés. Quatre  séances d’entraînement d’une heure, de lundi au vendredi et dans certains Dojo comme le Honbu Dojo, le Dojo de Haga Sensei.

Il enrichit son palmarès en remportant  la médaille d’or en Kata (forme) en Doshinkan Karate en 2006 au championnat du Japon. Et l’année suivante,  il gagne deux médailles d’argent en Kata et en Kumité (combat) en Doshinkan Karaté lors du même championnat. 

Sa disqualification au championnat organisé par la fédération mondiale de karaté (WKF) à Tokyo lui a laissé un goût amer et restera un grand moment de regret pour lui. Il a été écarté de la compétition parce que n’ayant pas honoré les cotisations depuis son affiliation à la WKF. Instruit de cette déception, il a affilié notre pays à la Japan Karaté Association et en paie les cotisations. Désormais, il représente le Togo, mais à ses frais. Comme ce fut le cas lors du championnat du monde en Thaïlande il y a peu, prenant en charge lui-même son assurance, son  billet d’avion, ses frais hébergement. Il explique cet engagement par la passion qu’il a pour son passeport et l’amour qu’il porte à son pays, même à des milliers de kilomètres. A preuve, il a invité des karatékas togolais résidant en Europe,  tous  frais payés sauf le billet d’avion,  pour leur participation au championnat du monde qui va se dérouler au Japon  cette année.

 

TOGOLAIS ET NIPPON

Kizito qui va fêter ses 42 bougies le 27 avril prochain, «  je suis né le jour de l’indépendance » s’amuse-t-il, vit à Iriso, dans la préfecture de Saitama. Marié à une japonaise, il est le père d’une petite fille, IORI. Il confesse que son intégration n’a pas été facile, à cause des barrières culturelles et  linguistiques. Mais la pratique du karaté lui a permis de surmonter ces obstacles , d’avoir une vie sociale normale et de se faire de nombreux amis.

De fait, il  alterne son travail de spécialiste économique dans  une entreprise commerciale et l’entraînement quotidien. Grand fan du légendaire samouraï Miyamoto Musashi, il  admire les Japonais pour leur ardeur au travail et le niveau très développé du pays et leur esprit «kamikaze» qui leur permet de se lancer à fond dans une initiative.

S’il apprécie bien la cuisine nippone, les sushis et les noodles, les mets togolais lui manquent tout de même. Il profite par moments des retrouvailles de la petite communauté togolaise au Japon, pour en consommer de temps en temps.